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lundi 4 février 2013

La Maison de Balzac


« Je les écris à huit heures du matin,  au rayon d’un beau soleil qui entre par ma croisée et qui enveloppe d’une écharpe rouge mon bureau, mes draperies et mes papiers. Est-ce assez de présages ? Faut-il y croire ? On n’a pas d’idée de la beauté de cette matinée. C’est un ciel bleu, quelques nuages pour en rehausser l’éclat, les cimes des éminences d’Issy, de Meudon sont baignées de lumière ; je les vois en vous écrivant. Non ! si Dieu annonce le bonheur, ce doit être ainsi ! »
Balzac a écrit ces lignes à sa comtesse russe bien-aimée –EvelYne Hanska – au matin du 1er janvier 1844 depuis le cabinet de travail de son modeste appartement de Passy, village alors indépendant, qui devait être rattaché à Paris en 1860. Ses paroles allaient se révéler prophétiques. Fuyant ses créanciers après de désastreux investissements consacrés à un essai de plantation d’ananas dans sa propriété des  Jardies, à Sèvres, Balzac s’était réfugié dans son appartement de la rue Basse (devenue la rue Raynouard) où il vécut et écrivit d’Octobre 1840 à avril 1847. C’est dans cette maison du XVIIIe siècle –désormais connue sous le nom de « maison de Balzac) – qu’il allait corriger la totalité de La Comédie humaine et écrire certaines de ses plus grandes œuvres : Une ténébreuse affaire, La Rabouilleuse, Splendeurs et Misère des courtisans, La Cousine Bette, le Cousin Pons, etc..
Cette résidence devint non seulement un lieu de productivité fébrile, mais aussi un refuge commode, à deux pas de la capitale. Quittant sa retraite par l’accès de la rue du Roc (aujourd’hui rue Berton), Balzac pouvait facilement gagner la route de Versailles (aujourd’hui avenue de New York) et atteindre le centre de Paris par le bac ou le coche d’eau.
Les rares visiteurs mis dans le secret de sa retraite devaient d’abord traverser une maison de la rue Basse (aujourd’hui disparue), puis descendre quelques marches et traverser une petite cour, avant d’atteindre la retraite de l’écrivain.
Bien que le quartier ait beaucoup changé, les visiteurs de la maison de Balzac peuvent toujours bénéficier d’un délicieux refuge contre les fumées parisiennes, dans le verdoyant jardin qui domine la cité, où l’écrivain aimait à cueillir les premiers lilas et les premières roses de la saison.
Vivant là sous le pseudonyme de monsieur de Breugnol –inspiré par le nom de sa gouvernante, Louise Breugniot, et que l’on retrouve dans ses romans sous la forme de « Mme de Breugnol » ou « Brugnol »- Balzac occupait cinq pièces : une salle à manger, une chambre à coucher un salon, un bureau, une chambre d’ami et une cuisine. En 1910, la vieille demeure du XVIIIe siècle a été sauvée de la démolition et transformée en musée privé. La Ville de Paris l’a pris en charge en 1949, un an avant le centenaire de la mort de Balzac.
Aujourd’hui, l’ensemble restauré inclut l’appartement de Balzac sur le jardin, ainsi que les pièces et les dépendances occupées à l’origine par d’autres locataires ; il se déploie sur trois niveaux entre la rue Raynouard et la rue Berton. Le rez-de-chaussée donnant sur la rue Berton.- correspondant aux anciennes écuries et à des logements –abrite à présent une belle bibliothèque de plus de dix mille volumes et manuscrits, accessibles aux chercheurs qui viennent du monde entier pour y travailler.
Seul le cabinet de travail est virtuellement conservé tel qu’il était au temps de Balzac, avec ses murs tendus e velours grenat, ses fenêtres de verre coloré, sa table de bois et son fauteuil à haut dossier, recouvert de tapisserie. Il est aisé de s’imaginer l’écrivain dans sa défroque de moine, « attelé » à cette petite table qui, comme il l’écrivait à Mme Hanska «  a vu toutes mes misères, connu tous mes projets, entendu toutes mes pensées, mon bras l’a presque usée à force de s’y promener quand j’écris »
Parmi les quelques objets personnels du cabinet de travail, on remarquera la cafetière de porcelaine rouge et blanc, frappée des initiales du romancier, qi rappellera l’usage qu’il faisait de ce breuvage auquel il attribuait un grand pouvoir d’inspiration. On verra aussi deux marbres réalisés du vivant de Balzac ; le premier, par Alessandro Puttinati, montre l’écrivain dans sa célèbre robe de moine ; le second est une tête massive, signée David d’Angers.
D’après la correspondance de Balzac, les murs du cabinet de travail étaient jadis couverts de représentations, mais il n’en reste que deux : un portrait de Mme Hanska et une gravure montrant son château de Wierzschownia, domaine qu’elle possédait au bord d’un lac ukrainien.
Face à la table de travail se trouve un christ de bois dans un cadre précieux que Balzac attribuait à Edme Bouchardon. Désireux d’impressionner la riche Mme Hanska, qu’il courtisait à cette époque, Balzac écrivait à ce sujet : «  Je possède cher ange, un chef-d’œuvre de christ sculpté ! C’est un christ en bois par Boucheron, estimé 3.000 francs et que Mme de Brugnol a pu acquérir par accident pour 150 francs. ! » Le romancier, collectionneur invétéré d’antiquités et de bibelots, tendait à exagérer la valeur de ses « trouvailles » et il a commis bien des erreurs ( La provenance réelle du christ n’a jamais été définitivement établie)
Les vrais chefs-d’œuvre, naturellement sont les romans de Balzac, comptant plus de trois mille personnages dont l’arbre généalogique complet orne le rez-de chaussée du musée. Balzac vivait dans la rue Basse lorsqu’il conclut avec ses éditeurs Furne, Hetzel, Paulin et Dubochet le contrat qui leur accordait l’exclusivité d’impression et de vente de ses œuvres complètes, sous le titre collectif de La Comédie humaine.
Les visiteurs désireux d’en apprendre davantage sur la famille et sur l’entourage de l’écrivain ne seront pas déçus. La maison de Balzac expose des portraits de ses parents et de sa sœur aînée Laure, à qui il a dédié Un début dans la vie. Le  père du romancier, Bernard-François Balzac, avocat passionné de la liberté et disciple des encyclopédistes, réussit à prospérer avant comme après la Révolution. Engagé dans une carrière municipale, il finit par être élu député maire de Tours. En 1814, il vint prendre sa retraite à Paris, avec sa famille, doté d’une confortable pension. Il mourut le 19 juin 1829, l’année même où son fils publiait Les Chouans, premier roman écrit sous son vrai nom.
Parvenu à l’âge de cinquante et un ans, Bernard –François avait épousé Laure Sallembier –future maire de l’écrivain – âgée de dix-neuf ans, héritière d’une riche famille de drapiers parisiens ; ses portraits nous montrent une coquette plutôt jolie et probablement cultivée. Elle ne semble avoir guère éprouvé de tendresse pour son fils, et Balzac lui en voulut,pour cela, une bonne partie de sa vie.
Le musée consacre une salle entière aux portraits et aux souvenirs de celle qui allait jouer un rôle essentiel dans la vie de Balzac, Evelyne Hanska, née en 1805 dans une riche famille de la noblesse polonaise. Une délicate miniature sur ivoire, peinte au moment de son mariage avec le comte Hanski, montre une femme vive et sensible, avec une chevelure noire bouclée et des yeux séduisants. Parlant couramment le français et l’allemand, Mme Hanska rencontra d’abord Balzac à travers ses livres ; de 1832 à 1848, le romancier entretint une abondante correspondance avec celle qu’il devait appeler « L’Etrangère »
La première rencontre réelle eut lieu en septembre 1833, à Neuchätel, en Suisse, où Mme Hanska passait ses vacances avec son mari. Balzac la revit l’année suivante, à Genève, et l’année d’après à Vienne – puis il y eut un intervalle de huit ans avant leurs retrouvailles à Saint-Pétersbourg. Lorsque le comte Hanska mourut en 1841, Balzac espéra pouvoir épouser sa chère comtesse, mais elle hésita longtemps, repoussant constamment tout projet de mariage.
Désireux d’assurer à sa maîtresse adorée qu’elle pourrait continuer à vivre dans le luxe, selon le style qui lui était coutumier, le romancier acheta un appartement rue Fortunée (aujourd’hui rue Balzac) en septembre 1846. il aménagea lui-même la décoration intérieure jusqu’au moindre détail, dépensant des milliers de francs en antiquités et autres brocantes de luxe.
Balzac passa les deux dernières années de sa courte vie à Wierzschownia, sur les terres de Mme Hanska, mais la couple ne se maria que le 14 mars 1850, à Berditchev. Cinq mois plus tard, le 18 août, à l’âge de cinquante et un ans, Balzac mourait dans son petit palais de la rue Fortunée, sans le réconfort de la présence aimée. La plus grande partie des manuscrits et de la correspondance de l’écrivain fut acquise par un érudit belge, le vicomte Spoelberch de Lovenjoul, qui devait ensuite en faire don à l’Institut de France.
Si la maison de Balzac abrite de fascinants souvenirs sur l’écrivain et sur son entourage, l’objectif du musée est d’être beaucoup plus qu’un sanctuaire dédié à l’un des plus grands romanciers du monde. Selon sa conservatrice, Judith Meyer-Petit, ses collections sont en continuelle expansion et des expositions temporaires consacrées à l’œuvre  et à l’époque de l’écrivain sont organisée toute l’année. « Ces expositions attestent de la modernité de La Comédie humaine, dit-elle. La maison de Balzac est en évolution constante, c’est un organisme vivant, à l’instar de La Comédie humaine. »


47 rue Raynouard
75016 Paris
Tel : 01 42 24 56 38

Ouvert du mardi au dimanche
De 10h à 17h 40

Métro : Passy, la Muette
Autobus 32, 52, 71

samedi 19 janvier 2013

Gustave Flaubert



Gustave Flaubert est natif de Rouen
Rue de Lecat se trouve sa maison natale, logement de fonction de son père - chirurgien -, dont la fonction est largement évoquée dans la demeure: salle des malades, céramiques qui contenaient les remèdes, cabinet de curiosités anatomiques… qui inspireront largement certaines scènes des romans de l’auteur de Madame Bovary.
Cette maison est devenue le «Musée Flaubert et d'histoire de la médecine». En bord de Seine, on peut découvrir le cabinet de travail de l’écrivain, ses meubles et effets personnels dans le Pavillon Flaubert, à quelque distance du musée.

« Un bœuf au labour » C’est à cela que se comparait Gustave Flaubert (1821-1880), signifiant par-là que l’écriture représentait pour lui un vrai labeur. Fils d’un chirurgien rouennais, il fut très tôt fasciné par le théâtre, l’Orient et l’Antiquité. Ses premiers écrits, autobiographiques  comme chez la plupart des auteurs, se réfèrent à une passion de jeunesse ; Elisa Schlésinger, rencontrée quand il avait 15 ans. En 1845, il rédigea une première version de l’Education sentimentale.
Il fut perturbé dès 1841 par une maladie des nerfs qui, entre autres, lui faisait craindre d’être enterré vivant.
Il disait qu’un écrivain « devait être dans son œuvre comme Dieu dans l’Univers, présent partout, visible nulle part »
Il a dit aussi : « Les dieux n’étant plus et le Christ pas encore, il y a eu de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique, où l’homme a été seul ! »

jeudi 3 janvier 2013

Khalil Gibran en quelques dates


1883 :  Gibran Khalil Gibran (1) naît le 6 janvier près du Bois de Cèdres Sacré, au bord de Wadi Qadisha (La Vallée Sacrée) dans la ville de Bisharri, au Liban. Sa mère Kamileh, fille d’un ecclésiastique, Istiphan Rahmeh, était veuve quand elle épousa Khalil Gibran, père du poète.
Le premier mari de Kamilehé était Hanna Abd-es-Salâm Rahmeh, dont elle eut un fils, Boutros, qui avait six ans quand Gibran naquit.

1885 : Naissance de Miriana, première sœur de Gibran.

1887 : Naissance de Sultanah, deuxième sœur de Gibran.

1895 : Kahlil, son demi-frère Boutros, sa mère, et ses deux sœurs, émigrent aux États-Unis, s'établissant dans le Chinatown de Boston, tandis que son père restait au Liban.

1897 : Gibran revient au Liban, où il entreprend des études intensives à l’école al-Hikmah. Il étudie une grande variété de sujets, outre ceux qui font partie de son programme, et se plonge dans la littérature arabe, ancienne et moderne.
Il se familiarise avec les mouvements littéraires contemporains du monde arabe.

1899 : Au cours de ses vacances d’été à Bisharri, Gibran tomba amoureux d’une belle jeune fille.
On s’interroge sur le nom de cette bien-aimée, et sur la nature de leur relation, mais il est certain que Gibran fut frustré et déçu à la suite de cette première affaire de cœur.
En automne, il revient à Boston via Paris, et plusieurs années après, il décrit cette malheureuse affaire dans Les Ailes brisées.

1902 : Gibran revint au Liban, cette fois comme guide et interprète pour une famille américaine, mais il dut revenir en hâte à Boston quand il apprit la mort de sa sœur, Sultanah, et la grave maladie de sa mère.

1903 : En mars, son demi-frère Boutros meurt ; c’est au tour de sa mère en juin ; Gibran et Miriana se retrouvent seuls à Boston.
Sa mère, son demi-frère, sa sœur cadette, sont tous morts de tuberculose.

1904 : Gibran commence à attirer l’attention en tant qu’artiste. Fred Holland Day, un photographe bien connu, devient le premier mécène de Gibran ; il fait à son studio, en janvier, une exposition des peintures et des dessins du poète.
En février, une seconde exposition est organisée à Cambridge School, une institution éducative privée dirigée par Mary Haskell, qui en est aussi la propriétaire ; elle deviendra la mécène, bienfaitrice, et, surtout, meilleure amie de Gibran.
À l’école de Cambridge, il rencontre aussi une jeune femme d’origine française, belle et impulsive, Émilie Michel, appelée par toutes ses connaissances, Micheline, et dont, dit-on, Gibran tomba amoureux.

1905 : Gibran publie al-Musiqah (La Musique), son premier livre en arabe.

1906 : Gibran fait une attaque virulente contre l’église et l’état, dans « Ara’is al-Muru » (Nymphes de la Vallée), qui lui valut la réputation de rebelle et de révolutionnaire, réputation que ses écrits mystiques subséquents n’infirmèrent que partiellement.

1908 : Il publie al-Arwah al-Mutamarridah (Esprits rebelles), et écrit Falsafat al-Din wa’l-Tadayyun (La Philosophie de la Religion et de la Religiosité), qui ne fut jamais publiée.
Grâce à la générosité de Mary Haskell, qui était déterminée à aider Gibran à réaliser son ambition d’être un grand artiste et un grand penseur, il partit pour Paris, visitant Londres au passage, pour étudier l’art à l’Académie Julien et à l’école des Beaux-Arts.
Au cours de son voyage à Paris, il fut au contact de la littérature européenne, et lut les écrivains anglais et français.
Il s’intéressa aussi particulièrement à l’œuvre de William Blake, qui influença beaucoup sa pensée et son art ; et il fut quelque temps sous le charme du « Ainsi Parlait Zarathoustra » de Nietzsche ; mais l’influence de celui-ci, à la différence de celle que Blake exerça sur lui, fut de courte durée.

 1909 : Gibran continue ses études à Paris, où il rencontre un ancien condisciple d’al-Hikmah, Yusuf al-Huwayik, également étudiant en beaux-arts.
Ils deviennent amis très proches, et essaient de se mettre au courant des tendances modernes de la peinture.
Ils n’ont guère, cependant, de sympathie pour le cubisme, que l’un d’eux appelle une
« révolution de cinglés », et ils réaffirment leur loyauté envers la tradition classique.
Ils rencontrent le sculpteur Auguste Rodin, et, bien que cette rencontre soit très brève, elle ne manquera pas d’exercer une puissante influence sur l’art de Gibran.
Son maître à Paris est Lawrence, dont Gibran déteste tant l’art qu’il le quitte, et se met à travailler tout seul.
Mort du père de Gibran au Liban.

1910 : Gibran, Ameen Rihani, et Yusuf al-Huwayik, se rencontrent à Londres et font de nombreux projets pour une renaissance culturelle du monde arabe.
Parmi ces projets, il faut mentionner celui de la fondation d’un opéra à Beyrouth, qui devait avoir deux dômes symbolisant la réconciliation entre le christianisme et l’islam.
Après son retour à Boston en octobre, Gibran propose le mariage à Mary Haskell, de dix années son aînée, mais cette proposition n’est pas acceptée.

1911 :  Tandis que les Arabes s’efforcent de se libérer de l’occupation ottomane, Gibran fonde ‘al-Halqa ‘l-Dhahabiyyah (Le Cercle d’Or), l’une des nombreuses sociétés arabes semi-politiques qui se répandent en Syrie, au Liban, à Constantinople, Paris, et New York.
Mais le Cercle d’Or n’est pas populaire auprès des immigrés arabes, et il est dissous après la première réunion.
Gibran commence à gagner sa vie en faisant des portraits.

1912 : Gibran se rend à New York, où il loue un studio au 51 Dixième Rue Ouest, entre la Cinquième et la Sixième Avenue. « L’Ermitage », comme Gibran appelle son studio, restera sa demeure jusqu’à sa mort.
Il publie al-Ajninah ‘l-muttakassirah (Les Ailes brisées), son récit autobiographique, sur lequel il travaillait depuis 1903.
En avril, il rencontre ‘Abdu’l-Bahà, et fait son portrait. Cette rencontre laisse une impression indélébile sur la pensée de Gibran, impression qui durera jusqu’à sa mort.
Une relation littéraire et amoureuse s’établit entre Gibran et May Ziadah, une Libanaise, écrivain, vivant en Égypte.
Ils ne se rencontrèrent jamais, mais ils échangèrent pendant vingt ans une correspondance par laquelle ils parvinrent à une rare intimité et compréhension mutuelle, qui n’aura pour terme que la mort de Gibran.

1914 : Gibran réunit des poèmes en prose parus dans différents magazines depuis 1904, qu’il publie sous le titre Dam’ahwa’Ibtisamah (Une Larme et un Sourire).
En décembre, une exposition de ses peintures et de ses dessins est organisée à la Galerie Montross, à New York.

1917 : Il y eut deux autres expositions des œuvres de Gibran : l’une à la Galerie Knoedler, à New York ; l’autre à la Gallerie Richards, à Boston.

1918 : Gibran publie The Madman (Le Fou), son premier livre en anglais.

1919 : Gibran publie Vingt Dessins, une collection de ses dessins, avec une introduction d’Alice Raphael, et aussi al-Mawakib (La Procession), un poème illustré par Gibran lui-même, et contenant certains de ses meilleurs dessins.

1921 : Gibran publie une « pièce » thématique, Iram Dhar al-Imad (Iram, la Cité aux Grands Piliers), écrite en arabe, et prenant la forme d’un discours sur le mysticisme.
Sa santé commence à se détériorer.

1922 : En janvier, une autre exposition de son œuvre est faite à, Boston, cette fois au Club Féminin.

1923 : Gibran publie al-Badayi’wa’l-Tarayif (Propos beaux et rares) dans lesquels il inclut ses propres dessins (faits d’imagination quand il avait dix-sept ans) de certains des plus grands des philosophes et poètes arabes, comme Ibn Sina (Avicenne), Al Ghazzali, Al-Khansa, ibn Al-Farid, Abu Nuwas, ibn Al Muqafa, et d’autres.
Il publie Le Prophète, son livre le plus connu et le plus vendu.

1926 : Gibran publie Sand and Foam (Sable et écume), un livre d’aphorismes dont certains avaient été d’abord écrits en arabe,puis traduits en anglais.


1928 : Publication de Jesus, The Son of Man (Jésus, le Fils de l’Homme), son œuvre la plus longue.

 1931 : Deux semaines avant sa mort, il publie The Earth Gods (Les Dieux de la Terre), Gibran s’éteint le vendredi 10 avril, à l’Hôpital Saint-Vincent, à New York, après une longue et douloureuse maladie, décrite ainsi dans l’autopsie : ‘cirrhose du foie avec début de tuberculose à l’un des poumons’.
Son corps fut exposé dans un funérarium pendant deux jours, et des milliers de visiteurs vinrent lui rendre hommage.
Il fut ensuite emmené à Boston, où un service funèbre fut célébré à l’église de Notre-Dame des Cèdres.
Le corps fut ensuite mis dans un caveau, en attendant son retour au Liban.
Il arriva au port de Beyrouth le 21 août.
Après une magnifique réception, unique dans l’histoire du Liban, le corps de Gibran fut conduit à Bisharri, à son dernier lieu de repos, dans la vieille chapelle du Monastère de Mar Sarkis.
Non loin de Mar Sarkis, un musée Gibran permanent fut fondé par les gens de Bisharri, avec le patronage et l’encouragement du Gouvernement du Liban.

À sa mort, Gibran laissait deux ouvrages, qui furent des Publications posthumes : The Wanderer (l’Errant) achevé, qui parut en 1932, et le Jardin du Prophète, inachevé, qui fut achevé et publié en 1933 par Barbara Young, une poétesse américaine qui prétendit avoir été la compagne de Gibran au cours des sept dernières années de sa vie.


(1) Le nom complet de Gibran, en arabe, était Gibran Khalil Gibran, le nom du milieu étant celui de son père. C’est une convention, chez les Arabes, de mettre le nom du père après son premier nom. II signa toujours de son nom complet ses œuvres arabes, mais, pour ses écrits anglais, supprima le premier nom. Il changea en outre ‘Khalil’ en ‘Kahlil’, à l’instigation de son professeur d’anglais, à l’école de Boston qu’il fréquenta entre 1895 et 1897.

Source Documentaire : Editions Véga - Un Trésor Spirituel - Khalil Gibran -

mercredi 2 janvier 2013

Otto Dix et ses peintures



Trois aquarelles et une étude d'Otto Dix ont été découvertes en Bavière, a annoncé le galeriste Herbert Remmert
Otto Dix
Les quatre œuvres ont été trouvées dans un dossier qui n'avait pas été ouvert depuis des dizaines d'années, dans une maison appartenant aux descendants d'un médecin collectionneur ami de Dix, Hans Koch.
Hans Koch1921
Les œuvres découvertes en Bavière ont été peintes pendant les deux premières années du séjour d'Otto Dix (1891-1969) à Düsseldorf, où l'artiste a vécu de 1922 à 1925.
Portrait Otto Dix
La femme de Hans Koch, Martha, avait quitté son mari pour Otto  Dix, qui l'avait épousée en 1923, mais les deux hommes étaient restés proches.
Otto Dix (1891-1969), les expressionnistes allemands grande, était célèbre pour son style unique et grotesque. Bien que le régime nazi d'Hitler ait détruit beaucoup d'œuvres d'Otto Dix, la majorité de ses peintures sont encore visibles dans les musées de toute l'Allemagne.
Le Miroir 1921
Otto Dix a été blessé plusieurs fois pendant la guerre. Une seule fois il a failli mourir quand une écharde obus a frappé à la nuque.
Bébé dans la main 1927
Dans la peinture de 1923 de Dix, la tranchée a été achetée par le musée Wallraf-Richartz.
Triomphe de la mort
Lorsque le tableau a été exposé en 1924 sa description des cadavres décomposés dans une tranchée allemande ont créé une telle clameur publique que le directeur du musée, Hans Secker, a été contraint de démissionner
Saint Christophe 1939
Plus tard, plusieurs des peintures de Otto Dix, anti-guerre ont été détruits par les autorités nazies en Allemagne
Otto Dix est décédé en 1969.

Le Meilleur d'Oscar Wilde,le poète, sa vie


Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, mieux connu comme Oscar Wilde était un poète irlandais, l'auteur et l'un des dramaturges les plus réussies de l'ère victorienne. Beaucoup de ses pièces telles que The Importance of Being Earnest et Salomé sont traduits dans les langues étrangères et sont adoptés dans des films et des poèmes écrits par lui faite de leur présence dans la liste des best-sellers de son temps et continuent à être lu dans le monde entier. Le romancier le plus célèbre et auteur de son temps, Oscar Wilde a été apprécié par et la connaissance de nombreux artistes influents, y compris l'auteur anglais John Ruskin, le poète américain Walt Whitman et George Bernard Shaw. Wilde assisté à une chute malheureuse en 1885, lorsque l'auteur a été arrêté et emprisonné à cause de son homosexualité inique qui fait de lui quitter son pays pour toujours. Il a également été sévèrement critiqué pour son franc-parler et l'athéisme rôle actif dans les mouvements athées dans le pays.

Né le 16 Octobre 1854 à l'Irlande, Oscar Wilde est le second fils Son père Sir William Wilde était un grand chirurgien des yeux et oreilles en Irlande et sa mère Jane Francesca Wilde était un écrivain de renom et poète de son temps. En 1855, la famille d'Oscar déménage à Merrion Square, où sa sœur Isola est née un an après en 1856.
Après la scolarité initiale à la maison, Oscar a poursuivi ses études à l'Ecole Royale Portora à Fermanagh. Pendant son séjour à Oxford, il a récité son premier poème en 1878 pour lequel il a reçu le Prix Newdigate Son premier recueil de poésies intitulé comme des poèmes a été publié en 1881.

C'était après avoir été diplômé d'Oxford, où il a rencontré et courtisé Florence Balcombe. Cependant, quand elle a rejeté sa proposition de mariage, Oscar a quitté l'Irlande de façon permanente en 1878. En 1884, il a rencontré Constance Lloyd à Londres et est   amoureux. Ils se sont mariés le 29 mai 1884 et le couple a eu deux fils Cyril, qui est né en 1885 et Vyvyan, qui est arrivé l'année suivante en 1886
L'orientation sexuelle d'Oscar Wilde a été considéré comme homosexuelle ou bisexuels. Il a d'abord reconnu ce pendant ses jours d'Oxford et depuis lors il a développé plusieurs «passionnés et scandaleuses 'relations avec ses camarades et collègues.
Lord Alfred Douglas
Le plus connu d'entre eux a été avec Lord Alfred Douglas, un junior à Oxford. Les deux ont développé une relation tumultueuse qui finirait par conduire à la chute d'Oscar Wilde, qui n'a pas essayé de dissimuler son intérêt sexuel et ouvertement vécu avec lui pendant des années. Ils sont même allés aussi loin que de sortir avec appel d'une «réforme du droit» avec d'autres partisans de classe supérieure qui a suggéré de rendre l'homosexualité juridique. Cependant, leurs efforts ont été ignorés.
Son père John Douglas
Alfred avait une relation turbulente avec son père, qui a eu infraction à l'intimité grandissante entre Oscar et son fils. Il désapprouve leur vie ensemble et souvent confrontés à Oscar qui ont réussi apaisés lui à chaque fois lorsqu'il est confronté.
John a été déterminé à mettre fin à leur relation méprisante et entamé l'image d'Oscar ruiner. C'était le soir du vernissage de l'importance du Earnest Etre, quand John prévue à exposer publiquement et de l'humilier et l'a fait aller aussi loin que l'appelant par des noms obscènes en public. Wilde a déposé une plainte contre lui et avait John arrêté pour une brève période. Il a ensuite été libéré sous caution et cette fois il tombe nez dans son propre piège. Le comité juridique a été curieux de son association avec des hommes prostitués, Alfred, et d'autres comme les détails du mode de vie élevée Wilde a commencé à sortir dans la lumière.
Son premier essai a été prévue pour le mois d’avril 1895. Après une série de questionnement de fond et l'examen des preuves, le procès a été clos sans verdict. Dans son dernier essai, qui a été le 25 mai 1895, Wilde a été condamné pour homosexualité, un outrage aux bonnes mœurs et à une peine de deux ans de travaux forcés
Sa cellule
Wilde fut emprisonné à Pentonville et envoyé à Wandsworth, puis finalement à Reading prison, un lieu 30 miles à l'ouest de Londres. En prison, Wilde a écrit une longue lettre de  50000 mots adressée à Douglas, qu'il donna à son ami Robert Ross sur sa libération. Une forme largement éditée de la lettre a été publiée en 1905. En outre, elle a été  publié Vyvyan de nouveau en 1999, bien que sa première version complète et inédite a été publiée en 1962, intitulé que les lettres de Oscar Wilde.
Oscar Wilde a été libéré le 19 mai 1897 après qu'il a pris un exil volontaire de la société, mais il n'a pas mis fin à son association avec ses amis masculins, y compris le journaliste canadien Robert Ross. Maintenant adaptant le nom Sebastian Melmoth, il s'installe à Paris et retrouve son cercle social précédent.
Robert Ross
Oscar Wilde est mort de méningite le 30 Novembre 1900 et il repose maintenant au cimetière de Père-Lachaise à Paris où les cendres de Robert Ross ont été ajoutés dans l'ange-parée tombeau après sa mort. Oscar a été baptisé dans l'Église catholique romaine par Robert Ross avant sa mort.
A l'automne 1893, une rumeur commence à courir le tout-Londres.
Le poète Oscar Wilde, qui vient de triompher en avril dans sa comédie A Woman of No Importance, aurait une liaison choquante avec un jeune aristocrate écossais. Cette rumeur va s'amplifier pendant un an et demi, jusqu'à ce que le scandale éclate, en février 1895, alors que Wilde présentait au théâtre Saint-James sa nouvelle pièce The Importance of Being Earnest. Dans la salle, un homme, brandissant une botte de navets (symbole d'une pièce fade), apostrophe violemment l'auteur, l'accusant de «poser au sodomite» avec son plus jeune fils, Alfred Douglas – qui avait déjà été renvoyé d'Oxford pour cause de «mauvaises mœurs».
Il s'agit de Lord John Sholto, marquis de Queensberry, alors fort connu pour être l'auteur des «règles de Queensberry» qui, depuis 1866, réglementent la boxe mondiale. L'irascible aristocrate avait déjà porté une accusation semblable envers le marquis de Rosebery, ministre des Affaires étrangères de la reine Victoria : Queensberry le poursuivait de sa cravache en l'accusant d'exercer une «mauvaise influence» sur son fils aîné cette fois, Francis Archibald Douglas, qui se trouvait être le secrétaire particulier de Rosebery.
Exaspéré par l'incident, Oscar Wilde intenta un retentissant procès en diffamation au marquis de Queensberry. Les deux hommes s'accordaient cependant à maudire la morale de l'époque : Queensberry avait même été exclu de la Chambre des lords pour avoir refusé de prêter serment sur la Bible, tandis que le jeune Oscar Wilde avait été raillé par ses camarades en raison d'une citation en justice (le 12 décembre 1864 à Dublin) de son père médecin pour attentat à la pudeur sur une jeune patiente. Tous deux portaient également la blessure d'un deuil précoce : à treize ans, l'écrivain avait perdu sa jeune sœur, qu'il évoquerait discrètement dans son poème Requiescat ; à vingt-quatre ans, le marquis avait perdu son jeune frère Francis dans le célèbre accident qui marqua la première ascension du Cervin et coûta la vie à quatre alpinistes dont trois Britanniques.
Le tout-Londres se passionne pour ce procès ; personne ne doutait du succès d'un auteur si adulé. Mais la cour n'est pas la scène. Oscar Wilde ruina son propos en mentant sur son âge et sur celui d'Alfred – il s'était rajeuni de deux ans et avait vieilli son ami de dix. Les jurés n'apprécièrent pas son attitude et le poète se retrouva bientôt dans la position d'accusé, puisqu'une loi de 1885 interdisait les relations homosexuelles, même entre des adultes consentants. Le public lui-même changea de camp, d'autant que le bouillant marquis de Queensberry avait astucieusement rempli la salle de demi-mondaines dont il était un assidu client, tout en accusant Wilde de relations avec des prostitués mâles : les dames firent du tapage et crièrent à la concurrence déloyale ; lorsque le poète fut débouté, le 4 avril 1895, on vit les prostituées de Londres applaudir les magistrats en perruque.
Malgré les pressions de ses amis qui lui conseillaient de s'exiler en France pour échapper aux poursuites, Oscar Wilde préféra y faire face, fut arrêté et condamné à deux ans de travaux forcés, le 27 mai 1895.
Avec ses fréquentes allusions politiques, Oscar Wilde devenait bien embarrassant. Dans The Picture of Dorian Gray en 1891, il mettait en scène un jeune dandy protégé par un vieux lord qui exerçait sur lui une «horrible attirance». Bien des pairs du royaume avaient cru se reconnaître dans ce personnage.

Oscar Wilde avait aussi l'opinion contre lui et était devenu la cible de la presse, au point que le président du tribunal de l'Old Bailey dut demander aux jurés de ne pas se laisser influencer par les journaux. Ce retournement du public semble lié à l'arrogance de l'écrivain, qui affichait devant le tribunal son mépris du sens commun et des mœurs ordinaires. Les familles qui applaudissaient au théâtre lorsqu'il dénonçait les mœurs corrompues de l'aristocratie se mirent à le conspuer lorsqu'il se comporta en jouisseur blasé. En condamnant Wilde à deux ans de travaux forcés, le maximum de la peine qu'il encourait, le jury fut à l'unisson du public anglais qui, selon le poète, «pardonne tout sauf le génie».
Il fut en outre à l'origine d'une réforme pénitentiaire libérale, qui supprima dans les prisons anglaises le régime des travaux forcés.

Lord Alfred Douglas, alias Bosie, était poétique jusqu'à l'extrême, fascinant et rebutant tout à tour.
Inadapté au quotidien, capable de vilenies et de générosités rares, il a payé sa passion pour Oscar Wilde tout le reste de sa vie.
Bosie
Entre amour, rage, regrets, confessions et mensonges, sa vie ne fut pas à l'aune de sa poésie. Elle fut douloureuse, dure, éprouvante.

Mais ses poèmes eux, à toutes les époques de sa vie, sont  des beautés rares.
Un de ses plus beaux poème est "The City of The Soul", écrit quand il vivait avec Oscar Wilde, à peine sorti de prison, dans une villa au-dessus de Naples et que, par la faute de leurs familles respectives et de leurs amis, ils devaient bientôt se séparer et ne plus pouvoir vivre "sous le même toit" tant le scandale de leur couple dérangeait la morale du beau monde.

Michelangelo Merisi, dit le Caravage



Des dessins et peintures signés Le Caravage et d'une valeur estimée à plus de 800 millions de francs ont été découverts par des experts à Milan, en Italie. La municipalité appelle à la prudence dans l'attente d'une confirmation.
Une centaine de dessins et peintures réalisés par le célèbre peintre Le Caravage ont été retrouvés par des experts dans une collection du château Sforzesco à Milan (nord de l'Italie), a affirmé jeudi l'agence italienne Ansa. La mairie, propriétaire de la collection, a toutefois invité à "la prudence".
Ces œuvres d'une valeur estimée à 700 millions d'euros (environ 841 millions de francs) se trouvaient dans le "Fonds Peterzano", le peintre Simone Peterzano chez lequel le jeune Caravage fit ses débuts artistiques dans sa jeunesse, selon Ansa qui cite les résultats d'une recherche menée par un groupe d'experts italiens.
Sept millions d'euros pièce
La valeur du lot a été estimée à partir du prix moyen de sept millions d'euros obtenu pour les dessins des grands maîtres du XVIème siècle, lors des récentes ventes aux enchères, ont expliqué les experts Maurizio Bernardelli Curuz et Adriana Conconi Fedrigolli, qui ont dirigé pendant plus de deux ans les travaux de recherche.
Ces derniers ont notamment trouvé un billet écrit de la main du Caravage, selon la même source, qui affirme que le document a également fait l'objet d'une étude graphologique qui confirme son authenticité.
La municipalité de Milan, propriétaire du château Sforzesco et du Fonds Peterzano, a néanmoins appelé "à la prudence" dans l'attente d'une confirmation que ces dessins peuvent vraiment être attribués au Caravage.
"Nous serions très heureux d'avoir la confirmation que c'est vrai. Les modalités sont cependant étranges. Nous n'avons été informés de rien, nous découvrons tout à la veille de la sortie d'un ebook de deux experts qui ne sont pas venus récemment au château et c'est pourquoi nous invitons à la prudence", a déclaré à l'AFP Elena Conenna, porte-parole pour la culture de la mairie de Milan.
Un peintre tourmenté
Les scientifiques italiens ont passé au crible pendant deux ans des églises à Milan et dans les environs de Bergame (nord), ainsi que le Fonds Peterzano qui contient 1378 dessins de Simone Peterzano et de ses élèves, dont Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610).
"Nous avons pensé qu'il était impossible qu'il n'y ait aucun témoignage de l'activité du Caravage entre 1584 et 1588 dans l'atelier d'un peintre qui était à l'époque célèbre et recherché", a expliqué Maurizio Bernardelli Curuz, directeur artistique de la Fondation Musées de Brescia.
Le Caravage était un élève de Peterzano dans son adolescence, et il a travaillé dans son atelier entre 1584 et 1588. Le Caravage, célèbre pour ses clairs-obscurs dans des tableaux comme "Bacchus", "Le Repas d'Emmäus" ou "Le Sacrifice d'Isaac", a été décrit au théâtre, au cinéma et dans la littérature comme l'un des peintres les plus tourmentés de l'histoire.

Michelangelo Merisi, dit le Caravage
Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, est un peintre italien, né en 1571 à Milan et mort en 1610 à Porto Ercole. Son œuvre puissante et novatrice révolutionna la peinture du XVIIe siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal, son érotisme troublant et l'invention de la technique du clair-obscur qui influença nombre de grands peintres après lui, notamment, Poussin, La Tour, Vélasquez, Rubens ou Rembrandt.
Tête de Méduse
Par ailleurs il mena une vie dissolue, riche en scandales provoqués par son caractère violent et bagarreur  allant jusqu'à tuer lors d'une querelle , sa fréquentation habituelle des bas-fonds et des tavernes, ainsi que par sa sexualité scandaleuse pour l'époque, ce qui lui attira de nombreux ennuis avec la justice, l'Église et le pouvoir. Il fallut attendre le début du XXe siècle pour que son génie soit pleinement reconnu, indépendamment de sa réputation sulfureuse.
Garçon mordu par un lézard, 1595-1600
L’un des grands apports du Caravage à la peinture est la technique dite du clair-obscur. Dans la plupart de ses tableaux, les personnages principaux de ses scènes ou de ses portraits sont placés dans l’obscurité : une pièce sombre, un extérieur nocturne ou bien simplement un noir d’encre sans décor. Une lumière puissante et crue provenant d’un point surélevé au-dessus du tableau enveloppe les personnages à la manière d’un projecteur sur une scène de théâtre, comme un rayon de soleil qui percerait à travers une lucarne. Le cœur de la scène est particulièrement éclairé, et les contrastes saisissants ainsi produits confèrent une atmosphère dramatique et souvent mystique au tableau.
Le sacrifice d'Isaac, vers 1603
Dans Le Martyre de saint Matthieu (1599, 1600) la lumière du soleil traverse le tableau pour se déverser à flot en son centre, sur le corps blanc de l’assassin et les tenues claires du saint martyr et du jeune garçon terrifié. L’exécuteur, ne portant qu’un voile blanc et pur autour de la taille, semble un ange descendu du ciel dans la lumière divine pour accomplir le dessein de Dieu – plutôt qu’un assassin guidé par la main du démon. Il se pourrait même que le bourreau ne soit pas celui que l'on croit voir au premier coup d'œil. En effet, saint Matthieu est déjà blessé et un groupe de figures prend la fuite vers la gauche. Le bourreau serait alors parmi ceux-là. L'homme porterait alors secours au saint et aurait pris l'épée de la main encore ouverte de l'un des fuyards. L'homme du centre est également vêtu d'un drap comme le sont les deux figures du premier plan.
La diseuse de bonne aventure, 1595
L'un des plus grands reproches qui lui seront toujours faits est son souci du réalisme frisant l'obsession dans l’exécution de ses figures, ainsi que le choix de ses modèles. Plutôt que de chercher à peindre de belles figures un peu éthérées pour représenter les actes et personnages de la Bible, Le Caravage préfère choisir ses modèles parmi le peuple : prostituées, gamins des rues ou mendiants poseront souvent pour les personnages de ses tableaux. Pour La Flagellation, il compose, comme une chorégraphie, des corps avec un Christ dans un mouvement d'abandon total et d'une beauté charismatique. Pour le Saint Jean-Baptiste au bélier, il montre une petite gouape au regard provocateur dans une pose lascive  il a été dit que le modèle était un de ses amants.
À part dans quelques rares natures mortes exécutées à ses débuts, la figure humaine joue un rôle primordial dans sa peinture, au point d'être une véritable fascination ; ne servant qu’à mettre les personnages en valeur. Et les corps du Caravage sont presque exclusivement masculins, jeunes ou vieux : on ne lui connaît pas de représentation de femmes nues. Il semble aussi avoir une prédilection pour les corps trapus, imposants et dotés de muscles saillants : dans nombre de tableaux, les personnages semblent envahir tout le cadre.
Nature Morte », d'après le Caravage,
L’érotisme qui se dégage de ces corps imposants est souvent troublant ce qui lui valut, là encore, de nombreuses critiques. Les attirances homosexuelles et pédophiles du Caravage n’ont guère été établies avec certitude, mais l’observation de son œuvre laisse peu de doutes à ce sujet. Aujourd’hui encore, plus de 400 ans après, l’érotisme du Caravage n'a pas perdu son caractère dérangeant, subversif et ambigu.
Dans nombre de ses tableaux le peintre choisit des personnes appartenant à la « lie » du peuple prostitués, vagabonds, mendiants, gamins des rues  pour modéliser les saints personnages de la Bible, les anges ou les grandes allégories comme l'Amour ou la Miséricorde. Il n'hésite pas non plus à représenter des scènes très religieuses avec une sensualité troublante et crue, parfois frisant l'obscénité ou la pornographie.
Dans cette même logique de subversion mystique, un artiste beaucoup plus récent, le poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, montrera par ses œuvres, sa vie et ses idées des ressemblances étonnantes avec Le Caravage jusque dans leur destin commun puisque après une vie sulfureuse et mouvementée, tous deux connaîtront une mort mystérieuse et inexpliquée sur une plage des côtes italiennes.

dimanche 30 décembre 2012

Victor Hugo Peintre-Dessinateur



Né en 1802 et mort en 1885, Victor Hugo a marqué presque tout le XIXe siècle et l'a imprégné d'un talent qui lui a permis de réussir dans tous les genres : poésie, roman, théâtre. Il reste donc ce qu'il a voulu être : « l'écho sonore » de son temps.
Homme aux talents multiples, Victor Hugo, en autodidacte, s'illustra également dans le dessin. Cet art ne fut pas simplement un à-côté de sa création littéraire. En effet, surtout à partir de 1850, il pratiqua le dessin pour lui-même, afin de transcrire des états de rêveries (« presque inconscients », disait-il), des paysages imaginaires et des images de poète visionnaire. Au gré de son inspiration, il pratiquait le lavis, le découpage, le collage, il travaillait au grattoir, au pochoir, à la plume ou au pinceau, dans des formats de plus en plus grands.
Victor Hugo a réalisé, a partir de 1830, plus de 3500 dessins. Il ne se considérait cependant pas comme un artiste et réalisait ces dessins pour son plaisir personnel. Il possédait cependant un bon niveau, qu'il avait acquis en fréquentant des amis peintres, principalement Boulanger. Malgré la modestie avec laquelle il considérait ses œuvres, on peut considérer qu'ils étaient largement en avance sur leur temps, puisqu'on y voit de l'abstrait avec la lettre, et qu'il fut à la création sans le savoir du mouvement Romantique. De plus, malgré le manque de notoriété que ces dessins eurent et ont toujours dans le grand public, ils sont cependant cités en exemple par nombre de peintres du début du 20ième siècle (notamment Dali), ainsi que par des spécialistes de l'art, comme André Masson qui reconnaît Victor Hugo comme l'homme qui inspirât Dubuffet. Il utilise des techniques, des outils et des médians inhabituels, et mêle dans ses dessins du crayon, de la gouache, du fusain, de l'encre, de la sépia, de la suie, ...Il utilise de la dentelle dans ses dessins, du lavis comme une matière à part entière, et parfois même des collages.
La plupart des dessins n'avaient pas de titre, ces derniers sont donc la plupart du temps purement descriptifs.
On le sait aujourd’hui. Totalement en avance sur son époque, on pourrait dire un peintre contemporain du XXe siècle. Pourtant les peintures ici datent des années 1860-1870.
Quelques dessins de  Victor Hugo
Lettre de Victor Hugo à sa femme avec le dessin du Beffroi de Mons

Autre lettre avec le dessin de la place de Gand
Léopoldine lisant
l’ermitage 1855
Des cris  la nuit
Tache et collage
Sans titre  1860
Lorsque je regarde ces dessins , pour moi beaucoup de tourments, de mal-être, de souffrance.